fevrier

nous fêtons les Héloïse, Eloïse, Adolphe !  

Bienheureuse Héloïse, ermite bénédictine morte vers 1066. On fête également Notre-Dame de Lourdes et c'est aussi la Journée mondiale des malades.

Le prénom Héloïse signifie "illustre au combat" (étymologie germanique).

cela s'est passé un 11 février :

11 février 1926 - Naissance de Paul Bocuse (chef cuisinier français)

Collonges et Bocuse, un village et un homme  viscéralement liés. Les pieds dans la Saône et la tête dans les étoiles, Monsieur Paul, ainsi que le surnommaient ses lieutenants, a accumulé au fil de son parcours bien des honneurs, fils, petit-fils d’une longue lignée de cuisiniers depuis le XVII ème siècle.

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Paul Bocuse naît dans une famille de restaurateurs installés dans la région lyonnaise le 11 février 1926. Ses grands-parents paternels comme maternels tiennent des auberges. À l'âge de 10 ans, Paul Bocuse emménage avec ses parents. Le petit Paul est tombé dans le chaudron de la cuisine, à l’abri des fourneaux de l’Auberge du Pont de Collonges, l’établissement familial sur lequel règnent ses parents Georges et Irma.Le jeune homme y apprend le métier avant d'entreprendre à l'âge de 15 ans un apprentissage auprès du chef cuisinier Claude Maret. De sa jeunesse à la campagne, Paul Bocuse dont le nom signifie "l’homme près du bocage" conserve une étroite proximité avec la nature, initié très tôt à l’art du braconnage, de la chasse et de la pêche. 

Mobilisé, le soldat Bocuse connaît alors l’épreuve du feu, côtoyant la mort.

En 1944, à sa majorité, Paul Bocuse s'engage au sein des Forces françaises libres et se voit remettre la croix de guerre à la fin du conflit. Une expérience douloureuse qui lui insuffle le goût des conquêtes et du risque à l’âge de 20 ans. La légende Bocuse se met dès lors en marche… De ses apprentissages chez Eugénie Brazier et Fernand Point, son pygmalion, il apprend la rigueur et la maîtrise des gestes.

Après avoir travaillé dans des restaurants étoilés à Paris et à Lyon, et s'être notamment lié d'amitié avec les frères Troigros, le chef cuisinier décide de rejoindre l'équipe de Fernand Point dans son restaurant La Pyramide, à Vienne, près de Lyon. Paul Bocuse y reste près de dix ans et apprend beaucoup au contact de celui qu'il appelle son "père spirituel". En 1958, il décide de reprendre le restaurant de ses parents à Collonges. L'établissement, renommé "Paul Bocuse", rencontre un succès fulgurant et lui fait obtenir le prix du Meilleur Ouvrier de France. En 1965, Paul Bocuse décroche sa troisième étoile Michelin.

C'est le début d'une ascension exponentielle. Paul Bocuse se transforme en entrepreneur et ouvre des restaurants et des "corners" aux quatre coins du monde. Parallèlement à ses activités, il crée, avec d'autres chefs étoilés, une association de défense de la gastronomie française, ainsi qu'un Concours mondial de la cuisine (le "Bocuse d'Or") en 1987. Paul Bocuse est décoré de la Légion d'honneur, et nombre de ses confrères les plus réputés le considèrent comme le "chef du siècle". Sa cuisine fine et inventive doit beaucoup à la qualité des produits et à l'attachement aux traditions gastronomes françaises.

Dès lors, avec son sens inné de l’observation et son tempérament non dénué d’humour, Bocuse a poursuivi sa route, ambassadeur de la cuisine française, créateur du Bocuse d’Or, dénicheur de talents. Bocuse, amoureux du monde, amoureux des femmes, amoureux du goût, a croqué la vie avec force, vigueur et gourmandise…

Paul Bocuse et les femmes

Paul Bocuse avait trois femmes... Il ne s'est jamais caché de cette situation. Paul Bocuse était un homme polygame. En 2006, il rigolait même de la situation dans Libération. "J'ai trois étoiles. J'ai eu trois pontages. Et j'ai toujours trois femmes", déclarait-il. "Si je calcule le nombre d'années où j'ai été fidèle aux trois femmes qui ont compté dans ma vie, j'arrive à 135 ans de vie commune", s'amusait-il à dire. Il épousera en premier Raymonde en 1946. Puis il rencontrera Raymone puis Patricia. Il a toujours regretté d'avoir fait de la peine à ses trois femmes. "J'espère qu'elles me pardon­ne­ront", disait-il dans sa biographie parue en 2005.

Mort de Paul Bocuse

Paul Bocuse est mort samedi 20 janvier 2018 à 10 heures du matin, à son domicile de Collonges-au-mont-d'Or. Il souffrait de la maladie de Parkinson depuis quelques années. Son décès fut annoncé dans un tweet par le ministre de l'Intérieur et ancien maire de Lyon Gérard Collomb : "Monsieur Paul, c'était la France. Simplicité & générosité. Excellence & art de vivre. Le pape des gastronomes nous quitte. Puissent nos chefs, à Lyon, comme aux quatre coins du monde, longtemps cultiver les fruits de sa passion".

Ses obsèques ont été menés par le cardinal Barbarin et le père Payen dans la cathédrale Saint-Jean de Lyon. Ils ont été célébrés par de nombreuses personnalités dont les chefs Pierre Troisgros et Marc Haeberlin, mais aussi le ministre de l'intérieur Gérard Collomb. Ces derniers ont pris la parole au cours de l'office. Sa première femme Raymonde Bocuse, et ses petits enfants étaient aux premières loges. 1 500 chefs venus du monde entier sont venus lui rendre un dernier hommage. Les funérailles du pape de la gastronomie ont eu lieu vendredi 26 janvier 2018 dans la cathédrale Saint-Jean de Lyon. Une haie d'honneur rue Adolphe-Max jusqu'au parvis de la cathédrale a été organisée par près de 1 500 chefs vêtus de blanc, avant que les obsèques de Paul Bocuse ne commencent à 10h30 dans la cathédrale. Une messe de deux heures a été co-présidée par le cardinal Barbarin et le père Emmanuel Payen. Environ 800 personnes ont assisté à la messe : membres et amis de la famille, chefs illustres comme Pierre Troisgros et Marc Haeberlin, mais aussi des politiques comme le ministre de l'intérieur Gérard Collomb. Ces trois personnalités ont pris la parole au cours de l'office. Les invités aux funérailles se sont ensuite rendus à l'Auberge du Pont de Collonges, le restaurant de Paul Bocuse. Le corps de Monsieur Paul a ensuite rejoint sa dernière demeure au cimetière de Collonges-au-Mont-d'Or, où il repose auprès de son père Georges et de sa mère Irma.

La transmission

« Nous sommes des manuels. Notre métier s’apprend, c’est un métier de compagnonnage que nous avons le devoir de transmettre ».

L’oeuvre de Paul Bocuse est marquée par sa volonté de transmission. Le Chef a toujours été à l’origine d’une communication facilitée pour un partage d’expériences et de compétences qui ont permis à la maison de grandir et se développer.

Aujourd’hui, chacun, au sein de l’équipe, est ambassadeur de ce savoir-faire et de ce savoir-être et se doit de perpétuer cette signature unique.

Paul Bocuse est décédé mais son nom ne cessera jamais de rayonner aux quatre coins de la planète. En près de 50 ans au firmament de l’art culinaire, ce héros de la gastronomie française a construit un empire autour d’une cuisine de terroir, puisant ses racines dans la simplicité et la générosité.

Son large sourire, sa toque haute, sa veste immaculée bleu blanc rouge : ce monstre sacré, figure mythique de la cuisine a, tout au long de sa vie d’homme et de Chef triplement étoilé, repoussé les limites de l’excellence, accumulant les médailles, les distinctions et les titres de gloire, considéré comme un dieu vivant au Japon, statufié au musée Grévin, dénicheur de talents, créateur des Jeux olympiques de la cuisine, le Bocuse d’Or…

Le cuisinier du siècle laisse derrière lui le souvenir d’un homme passionné, généreux et humble au parcours exceptionnel… Il était une fois… Bocuse….

90 ans de Paul Bocuse, 2016