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Le 6 décembre, c'est la Saint-Nicolas. Bredele et biscuits de Noël cachent une histoire et des croyances millénaires.

La Saint-Nicolas, le 6 décembre, révèle bien des symboles, tant gastronomiques - les bredele -  que sociétaux. L'apparence des biscuits n'est pas anodine. Ils sont "plus souvent importants par leurs formes que par leur consistance, même si les recettes sont immuables dans toutes les religions". 

Le 6 décembre (et parfois le 5) est célébrée la Saint-Nicolas dans le nord et l'est de la France, mais aussi en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas, ainsi que dans des régions en Allemagne, en Suisse et en Autriche. La tradition veut que saint Nicolas, souvent sur son âne, distribue des gâteaux (bredele avec des männele, des santiklaüsmannla, des spéculoos, des couques, des pâtes d'amande, des oranges, etc.) aux bambins. Le père Fouettard le suit, pour distribuer des coups de bâton ou du charbon aux enfants méchants. 

Saint Nicolas (270-343) était évêque à Myre, dans la Turquie actuelle. "La légende a amplifié sa vie", note Nadine Cretin. Parmi ses "miracles", ce sont surtout ces deux actes qui ont fait de lui un "pourvoyeur de cadeaux" et le patron des enfants: il donne un sac d'or anonymement à un homme, qui, ruiné, allait forcer ses filles à se prostituer; il évite à trois hommes la mort en stoppant l'épée du bourreau, puis exige la reprise du procès, qui les innocente. Cette dernière a été mal interprétée et s'est transformée : les trois hommes accusés à tort par un juge corrompu et évitant la mort (en sortant de la tour-prison) se sont transformés en trois enfants fuyant un boucher en s'échappant du saloir où ils étaient enfermés depuis sept ans.  

En fait, comme pour beaucoup de fêtes, une croyance chasse l'autre. Si Noël s'est superposée à une coutume vieille de millénaires, saint Nicolas sur son âne a remplacé Odin, dieu de la mythologie germanique et scandinave qui "se déplaçait dans les airs sur son cheval à huit jambes". "Comme les distributeurs de cadeaux de l'hiver, saint Nicolas a emprunté également certains traits aux personnages beaux et laids des mascarades de début d'année, qui apparaissent entre la fin de l'hiver et le retour du printemps. Le père Noël lui doit beaucoup".

Les symboles derrière le père Fouettard

Il est celui qui fait frémir les enfants. Aux Pays-Bas, ce sont des personnages au visage noirci. La croyance répandue que ses valets seraient des esclaves venus d'Afrique est erronée. Car le père Fouettard, sous ses aspects divers, est une créature sombre très ancienne qui, à l'inverse du saint évêque représentant la vie et l'abondance au creux de l'hiver, évoque la stérilité et le monde non-civilisé, le monde inquiétant de l'au-delà. Encore dans les carnavals européens, de beaux et généreux personnages, richement vêtus, prometteurs de prospérité et de jours meilleurs, sont accompagnés de laids, couverts de paille, de fourrures ou de haillons, qui symbolisent l'hiver, la stérilité et la mort.

Mais qui est le père Fouettard ?

Alors qu’à notre époque, la majorité des enfants ignorent sans doute l’existence même du père Fouettard, ce personnage fictif jouait un rôle très important dans la tradition et les fêtes de Noël, du dix-septième jusqu’au dix-neuvième siècle. Accompagnant Saint-Nicolas dans sa tournée de distribution de jouets et de cadeaux, le père Fouettard a surtout pour rôle principal de punir les garçons et les filles qui n’étaient pas sages. Ils pouvaient ainsi les emmener dans un sac (cf. illustration).

C’est pourquoi les enfants ont une peur bleue du père Fouettard. Et d’ailleurs, tout est mis en œuvre pour entretenir cette crainte et cette appréhension, à commencer par son apparence. En effet, cette antithèse du père Noël au visage très maquillé avec sa longue barbe tantôt noire, tantôt rousse est particulièrement effrayante avec son manteau noir et ses grosses bottes ou ses sabots, sans oublier son capuchon qui laisse volontairement dépasser deux affreuses cornes.

Pire, le père Fouettard aurait même une queue, un appendice qui lui fait étrangement ressembler au diable. Sinon, pour annoncer sa présence, ce sombre personnage ne se sépare jamais de son redoutable fouet qu’il n’hésite pas à faire claquer bruyamment à chacun de ses déplacements, d’où son nom. Et ces attirails ne se résument pas seulement à son fouet ou à son martinet, mais comprennent également des chaînes, des grelots et des cloches.

D’où vient la légende du père Fouettard ?

L’origine du père Fouettard reste un mystère dans la mesure où jusqu’à aujourd’hui, personne n’a d'idée précise de la naissance de cette légende. Les versions changent d’un pays à un autre, même si la représentation du personnage reste sensiblement la même. Toutefois, le plus ancien récit qui relate ses péripéties daterait du milieu du seizième siècle.

Plus précisément, l’histoire de ce personnage qui, avec son fouet, poursuit les adolescents et les adolescentes a été inventée en 1552 par la corporation des tanneurs de la ville de Metz. L’objectif était ici de distraire les habitants de la cité alors occupée par l’armée de Charles Quint. Par la suite, les précepteurs se seraient emparés de cette caricature et l’auraient associée à Saint Nicolas, pour encourager les enfants à être assidus et plus sérieux en classe.

Toutefois, en Alsace, l’histoire est toute autre puisque le père Fouettard est inspiré de Hans Von Trotha, un chevalier médiéval notamment réputé pour son caractère très sanguinaire. Le personnage est ainsi communément appelé "Hans Trott" dans cette région de la France. Autrement, c’est Housecker chez les Luxembourgeois, Zwarpte chez les Hollandais. Rupprecht en Allemagne, ou encore Krampus en Autriche.

La nuit nous a toujours fait peur et elle appartient aux revenants et aux créatures surnaturelles, selon les civilisations." Au solstice d'hiver, les biscuits ont souvent l’apparence d’un être humain,  comme les männele.

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Des biscuits pointus pour lutter contre les mauvais esprits

Bien des biscuits de Noël, notamment les bredele, ont des formes d'étoiles, de coeurs, de triangles ou de croissants. "Ils portent bonheur", signale l'historienne. Les pointes ou coins sont "utilisés contre les sorcelleries". "Ces biscuits sont souvent suspendus dans l'arbre ou s'accumulent dans des boîtes en fer en attendant d'être dégustés au moment de Noël." Il s'agit donc d'offrir des porte-bonheurs, éloignant les mauvais esprits tapis dans la nuit, notamment au solstice d'hiver (la nuit la plus longue).

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Et retour sur ce sujet abordé l année dernière... 😉

 

vendredi 6 décembre ! Saint Nicolas ou Père Fouettard... pour tous douceurs et gourmandises ! - L'arche de Jackie

nous fêtons les Nicolas, Colin, Niels ! Saint Nicolas, Saint Patron des enfants sages. Saint Nicolas est décédé un 6 décembre, c'est pourquoi nous le fêtons en ce jour. Ce prénom est dérivé du grec "Nikolaos" qui signifie "victoire du peuple" La Saint Nicolas !

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